SFAX pendant la Seconde Guerre mondiale
- Les bombardements -
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Ensuite, comme les sirènes ne fonctionnaient plus, les alertes aériennes étaient annoncées par trois coups de canon successifs tirés par la D.C.A. du terrain d’aviation de l’oued Maou, que les avions alliés avaient pris l’habitude d’attaquer en premier avant de lâcher le reliquat de leurs bombes sur leurs objectifs de la ville, et ce de jour comme de nuit.

Épave d'un Stuka sur le front tunisien

Si trois avions américains furent abattus par la D.C.A. entre le 23 et le 30 mars 1943, la chasse germano-italienne ne semble pas être intervenue dans des engagements aériens au-dessus de la ville, comme ce fut par exemple le cas autour de l’aérodrome de " la Fauconnerie " situé à 60 km de Sfax sur la route reliant cette ville à Sidi Bou Zid. M. Pierre Faucon, propriétaire du domaine de " la Fauconnerie " signale que deux avions américains et un allemand furent abattus lors de combats aériens. 
Quand les Allemands abandonnèrent le domaine, le 9 avril 1943 après avoir fait sauter les dépôts de munitions, un officier de la R.A.F. put compter 6 avions allemands détruits sur une longueur de 800 m, et 30 abandonnés autour de l’ensemble des 3 pistes d’atterrissage criblées d’impacts de petites bombes.

Épave d'un Junker 52 sur la côte tunisienne

Le seul combat aérien qui eut lieu au-dessus de Sfax opposa, le 7 décembre dans l’après midi, deux Lockeed lightning P38 américains du 14th Fighter Group à deux trimoteurs allemands Junker Ju 52. Ces derniers, très peu armés et volant à une vitesse maximale de 300 km/h, furent des proies faciles. L’un fut abattu aux environs de Sfax, et le deuxième mitraillé et touché au-dessus de Moulinville, effectua un atterrissage en catastrophe sur la plage devant la batterie de Saint-Henri avant d’être complètement détruit par les flammes. 
Lors de cet évènement, les cours avaient encore lieu dans les diverses écoles et collèges de la ville. Ils furent interrompus peu après, étant donné le danger présenté par les bombardements de plus en plus fréquents. Ces derniers ne terrorisaient pas que la population civile sfaxienne. 

(Photo prise par un soldat allemand - Coll. Ch. Attard)

Dans son livre " Amère Tunisie ", le lieutenant Alciato des troupes italiennes et préposé au mess, parle de la débandade, le 23 novembre 1942, de la 7e compagnie de son bataillon lorsqu’elle fut attaquée par les troupes alliées à Sbeïtla. Il dit aussi que, sous les bombardements, les militaires se sauvaient vite sans savoir où ils allaient, et que les officiers étaient les plus rapides dans ce genre d’exercice. Il rapporte également l’accueil chaleureux que leur avait réservé la population italienne résidant à Sfax, et qu’en décembre 1942 des pêcheurs italiens lui avaient fourni quatre quintaux de poissons qu’ils avaient pêchés pour améliorer l’ordinaire du mess. Par contre, il avait ressenti la haine des ressortissants français.

Italien et Allemand côte à côte dans le Sfax occupé.
(Photo prise par un soldat allemand - Coll. Ch. Attard)