Quelques figures connues
de la vie sfaxienne.

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Entrepreneurs et propriétaires terriens :



Joachim Attard
(Document : Coll. Ch. Attard)


Au 19 rue des Belges, 
Joachim et ses fils Marcel et Hérald
(Document : Coll. Ch. Attard)



Joachim ATTARD est né en 1896 à Sfax. D'abord simple employé chez un avocat, il devient vendeur-voyageur aux comptoirs Chevaiso, filiale sfaxienne des établissements Schwich et Baizeau. En 1929, il y est fondé de pouvoir, l'année suivante, il fonde la STIBA (Société tunisienne de l'industrie, du bâtiment et de l'agriculture). Il est responsable du garage Chevaiso de 38 à 39, de 42 à 43, propriétaire de l'épicerie : "A l'Olivier" et agent des assurances "La Paternelle". 
Après guerre, il crée les Établissements Joachim Attard, au 19, rue des Belges qu'il tiendra jusqu'en 1967. 
Il y représentait les marques Autotractor, Agricultor, Mc Cormick, Deering, Harvester, Frigidaire, Léonard, Ford, Solex... Il vendait engrais et produits chimiques; importait des pierres de Malte et du pin des Landes (pour les caisses de dattes)... Pour son action dans le domaine agricole, il reçut le grade d’officier du Nicham Iftikar dès 1929. Rentré en France, peu fortuné malgré son intense activité commerciale, il s'éteindra en 1981 à Albi (Tarn).





Les établissements Chevaiso (A droite : Joachim Attard)
(Document : Coll. Ch. Attard)




Le monument Avvocato

Le magnifique caveau de la famille Avvocato à Picville.
(Photo Antoine Bartolo)




Carmelo AVVOCATO est né en 1835 à Sfax. Il était le fils d'Angelo Avvocato, réfugié politique italien installé à Tunis en 1822, puis à Sfax. Carmelo fut agent consulaire d'Italie et s'opposa à ce titre à son grand rival français Jean-Henri Mattéi. Commerçant et probablement selon l'historien Jean Ganiage, un rien contrebandier, il avait acquis une fortune considérable comme pouvait en témoigner son fastueux monument funéraire du cimetière de Picville. Carmelo décéda le 10 décembre 1895. Sur la photo ci-dessus prise par Antoine Bartolo dans les années 70 manque le buste de Carmelo et la grande croix sommitale, malheureusement plus rien de tout cela ne subsiste.







Magasin Ceccatty

Le magasin de Valbert de Ceccatty, rue Emile-Loubet.
(Document : Coll. Ch. Attard)











(Document : G. Bacquet)


vers 
Moulinville

Valbert De CECCATTY : Né en 1897 en France. Ses parents s’installèrent à Sfax en 1903 où son père acquit et dirigea la " Dépêche sfaxienne " jusqu’en 1921. Il poursuivit ses études à Lyon où il fut élève et lauréat du Conservatoire de Musique. 
En 1916 il s’engagea dans les Spahis et fut incorporé à une compagnie de méharistes sahariens, en action jusqu’en 1919. Après le conflit, il se maria puis créa à Sfax, dans le quartier de Moulinville, une petite usine de " teinturerie blanchisserie ". Il avait aussi un magasin de cordages rue Emile- Loubet. 
Pendant la 2e Guerre Mondiale, après une courte mobilisation, il mit en place en 1941 une fabrique de laine à tricoter (les laines Bermax) qui fonctionna jusqu’à la fermeture de l’usine en 1946. 
Il développa alors à Tunis son commerce de corderies, qu’il dût abandonner en 1963, obligé qu’il fût de quitter précipitamment la Tunisie. Il mourut à Montpellier en 1965.






Sauveur Damato
(Document : Coll. Ch. Attard)

L'emblème du consulat de Sfax
(Document : Coll. Ch. Attard)






Sauveur DAMATO
D’origine maltaise, Sauveur Damato est né le 29 mars 1894 à Sfax. Il personnifie bien ces premiers européens dont les parents s’installèrent à Sfax bien avant le Protectorat français. Son père Emmanuel avait ouvert un magasin de fournitures navales sur le petit chenal dès 1881. Commerce qu'il reprendra avec son frère Pierre. Autodidacte, homme d’une grande culture, profondément religieux, il n’avait de cesse que de rendre service aux plus démunis. Aidant régulièrement les Tunisiens dans leurs démarches auprès de l’Administration française, il fut aussi un collaborateur assidu de "La Dépêche sfaxienne " sous le pseudonyme de ESDE.
En  1929, Il est nommé pro-consul britannique et secrétaire de la ligue of Briton Overseas. Victime de la terrible douve du foie qui fit tant de ravages en Tunisie, il s’éteindra prématurément le 6 janvier 1942 avant son frère Pierre, martyr avec toute sa famille, à l’exception de leur fille Marcelle, des terribles bombardements de la ville.





(Document : Coll. Ch. Attard)





Romildo  Farrugia
(Document Aïleen Roig-Farrugia)

Romildo et Giuseppe Farrugia
(Document Aïleen Roig-Farrugia)





Romildo FARRUGIA : fils de Giuseppe (28/11/1863-30/01/1941) arrivé à Sfax vers 1880 qui se lança dans l’activité alfatière en 1920, il naquit à Sfax le 2/04/1902 et continua l’activité alfatière. Il eut la charge de vice-consul d’Angleterre, et fut agent d’assurance. Arrêté à Sfax le 13/01/1943 au motif de résistance, il fut déporté et interné dans divers camps d’Italie jusqu’au 1er mai 1945. A son retour il reprit le commerce de l’alfa mais fut vite découragé par la concurrence. Son épouse (professeur d’italien) et lui s’établirent en France en 1979. Il y décéda le 19 septembre 1995.  







Pierre Faucon
(Document : Famille Faucon)

Pierre FAUCON : Né en 1899 à Cherbourg, engagé volontaire à 17 ans et demi, lors de la Première Guerre Mondiale, il arriva dans le sud tunisien en 1924.
Il enseigna sur le terrain aux autochtones ce qu’il avait appris à l’École nationale d’agriculture de Montpellier et à l'Institut national agronomique de Paris. 
Paul Faucon, son oncle, ayant fondé le domaine de " La Fauconnerie ", il en reprit tout naturellement la succession. Produisant céréales et huile d'olive, Pierre Faucon poursuivit pendant quelques années l'élevage d'autruches créé par son oncle.  
Plus tard, il installa sa famille à Sfax. 
Il fut secrétaire puis président de l’Association des agriculteurs. 
Pierre Faucon est mort en octobre 1991 à Aix-en-Provence.







(Document famille Pasquier)




Les frères PASQUIER : Originaires de Suisse, les Pasquier étaient garagistes, réparateurs et concessionnaires Citroën pour Sfax. Ils dirigeaient de vastes ateliers bordés par les rues Lamoricière, Henry-Boucher et Michaud. Eux ou leurs employés allaient au port de Tunis chercher les voitures commandées et débarquées là. Les garçons qu’ils eurent prirent leur suite, comme eux avaient pris celle de leur père.






Emmanuel Scicluna


(Document Isabelle Bonneteau)




Emmanuel SCICLUNA : Né à Sfax, au sein d’une nombreuse famille, il ne put poursuivre ses études au-delà du C.E.P..
Apprenti à la " Dépêche sfaxienne " il y apprit le métier de typographe linotypiste. Après s’être perfectionné à Versailles, il revint à Sfax où il fut employé au bureau central du Sfax-Gafsa. 
Sollicité par Mme Revol, veuve de son ex-patron, il racheta l’imprimerie de la rue Flatters et le quotidien d’information " La Dépêche sfaxienne ". Grand travailleur, il dirigea le tout jusqu’à la fin novembre 1942, refusant de faire paraître son journal sous l’occupation. L’imprimerie fut détruite en décembre 1942 lors d’un bombardement allié. 
Après la libération de la ville, il s’installa rue des Belges, et fit paraître " Les Nouvelles sfaxiennes ", journal bi-hebdomadaire, aussi apolitique que l’était le précédent. 
Après l’indépendance, la parution du journal fut suspendue après l’édition du No 1404 du 16 mai 1959. L’imprimerie fut vendue à vil prix au personnel. Rentré en France, il y décéda en novembre 1959.





La famille Scicluna (Document famille Scicluna)
De g. à d. : Emmanuel, Joseph, Sauveur, Mariette, 
Carmel tenant Gérard, et assises, Angèle et Catherine, née Gili.
Les sept enfants de Catherine sont tous nés à Sfax entre 1882 et 1899.




vers journaux




Gérard SCICLUNA : M. Boucher, gros oléiculteur à Sfax, lui confia la responsabilité et la gestion, puis la direction de l’exploitation d’une propriété de 100 000 pieds d’oliviers. Il dirigea aussi plusieurs huileries et s’occupa de la commercialisation des productions. Après 40 ans d’activité dans la même entreprise, il s’installa à Toulon à sa retraite.





(Document Ghislaine Leclerc)


(Document Ghislaine Leclerc)




Wilfride TERY : Embarqué à 15 ans comme mousse sur un grand voilier, il y apprit la navigation sur le tas. Il participa à la guerre de 14-18 comme fusilier marin. 
Son oncle, M. Loiseau, l’engagea à Sfax au service d’une société (la SFEM) pour l’exploitation du port. Il y amena en 1919 un remorqueur à roues à aubes, acheté au Havre. Il gravit ensuite les échelons de la société. 
En 1929, il créa la Société de constructions industrielles et navales. Au départ de son oncle il devint le PDG de la SFEM, poste qu’il continuera d’occuper longtemps après l’indépendance. 
Il était vice-consul de Hollande et fut un temps président de l’aéroclub de Sfax, ayant passé son brevet de pilote à l’âge de 50 ans. Il fut longtemps conseiller municipal pendant la période précédant l’indépendance. Il avait, très tôt, institué un régime de protection sociale pour le personnel de son entreprise.


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  Membres du corps médical 



Dr CECCALDI : 
Médecin du réseau Sfax-Gafsa et spécialiste accoucheur, il représentait à Sfax les vieux radicaux des anciennes républiques. 
Bourru et bon enfant, il était peu sensible aux problèmes spirituels et se déplaçait toujours en calèche. Son cabinet était au 29, boulevard de France.
Il fut écrasé par un camion militaire sur le pont de Bab Djebli durant l’occupation , et ce fut l’abbé Descroix qui l’assista dans ses derniers instants. Son nom fut donné au stade du S.R.S.
voir l'hommage que lui rendit Valbert de Ceccatty dans "Les Nouvelles sfaxiennes"




En-tête Dr Ceccaldi





vers sport




Dr François GALEA : 
Médecin généraliste à Sfax de 1925 jusqu’à sa mort en 1968. Tous les Sfaxiens se souviennent de ses consultations médicales gratuites du vendredi en ville arabe. Son cabinet était rue Amiral-Courbet.



Henri Djafar
(Document Monique Juyoux)




Dr Henri JADFARD : Né en Guadeloupe, il effectua ses études à Toulouse avant de s'installer à Sfax en 1937 où il prit la direction du dispensaire polyvalent de l’hôpital régional. Il y exerça jusqu’en octobre 1956. Il était passionné par l’exercice de la médecine et la recherche.
Il était dermatologue et spécialiste des maladies vénériennes. Il prodiguait de très bons soins, avait de grandes qualités humaines, et préparait d’excellents punchs des Antilles ! Il décéda à Nice en 1972.





Sur cette photo du personnel du bloc chirurgical de l’hôpital de Sfax, 
le Dr Lauriol est au premier rang au centre.




Dr Ernest LAURIOL : Né à Paris, il fit son internat à partir de 1921 à l’hôpital Saddiki à Tunis. 
En 1928 il posa sa candidature pour l’hôpital régional de Sfax, alors en construction. Il en fut nommé médecin-chef à son ouverture en 1932, il y resta jusqu’en 1948. C’était un excellent chirurgien qui fut, depuis 1924, assisté bénévolement durant toute sa carrière par son épouse qui était infirmière.


vers entre Picville et Moulinville




Dr Lucien MEIGNIE : Chirurgien-obstétricien arrivé à Sfax en 1947, il y ouvrit d’abord une clinique rue Henri-Boucher. Devant son succès, il en fit construire une beaucoup plus importante à côté de l’école des sœurs de la route de Mahdia. 
Il est resté en Tunisie après l’indépendance, et il y était toujours très apprécié des Sfaxiens jusqu’à son départ en 2004. Cette nouvelle polyclinique s’est agrandie pendant cette dernière période.


(Document Louise Meignié)





Dr Simon NATAF : Arrivé à Sfax en 1927, c’était un spécialiste des maladies oculaires. Actif et compétent, il était apprécié également pour son urbanité et sa gentillesse. 
Il fut chef du service ophtalmologique à la création de l’hôpital régional en 1932, où il consacrait bénévolement toutes ses matinées. Il reçut le grade d’officier du Nicham Iftikar en 1952.













 Pharmacie Massa





Georges Espic (en chemise grise) dans sa pharmacie avec ses employés.
(Document Aldo et Blanche Catania)




Georges Espic était originaire de Castres (Tarn). Il avait obtenu son diplôme de pharmacien à Strasbourg en 1937 et eu une aide d'État pour s'implanter à Sfax. Il y monta donc une pharmacie rue de la république qui fut tenue par son père quelques temps, pendant que Georges se rendait en Syrie comme inspecteur militaire des pharmacies. A Alep, il épousa Nadia Toutoundji, une syrienne chrétienne. Ils rentrèrent à Sfax pour remonter la pharmacie qui avait été détruite par les bombardements alliés de 1943. Nadia Espic pratiqua a Sfax jusqu'en 1962 son activité de sage-femme. Georges s'éteignit à Albi (Tarn) en 1965.







Ont aussi exercé à Sfax :

Les chirurgiens-dentistes : Jean Ampelas, Caravolaros, Joseph Galéa, Joujon
Les dentistes :
Eric Schottländer, Mikes Ampélas.  
Les médecins généralistes:
Akrout, Aloulou, Jean Ampelas, Bayar, Bédradaï, Albert Bismuth, Chahed Laroussi, Chaffaï, Fendri, Giangreco, Jortner, Georges et Jules Khaïat, Lahana, Larguèche, Larché, chahed Laroussi, Meunier, Aurélio Mizzi, Francis Mothon, Maurice Pouget, Rekik, Antoine Salsedo, Sandor, Gabriel Senellart, Sperber ;
Le neurologue : Bouricha

Les opthalmologues : Henri
Hoffman, Fakfak, Simon Nataf, Vouvalis ;
Les orl :
Mustapha Fourati, Robert Guilhon, Sperber, Tourneboeuf ;
Le radiologue :
Georges-Marie Veyssi ;
Les pharmaciens :
Boccara, Georges Espic, Jean Espié, Florio,
Jacquemard, Koubaa, Luciani, Vincent Massa.



Dr Senellart Dr Pouget